Les
conjugués anticorps - médicaments, ou anticorps conjugués ou encore
ADC, sont une nouvelle classe de médicaments anticancéreux qui, en optimisant le ciblage des cellules cancéreuses[1], améliorent leur destruction tout en préservant davantage les cellules saines. Plus de 170 ADCs sont actuellement en développement clinique dans le monde[2]. Très efficaces, ils
pourraient venir supplanter les chimiothérapies classiques. Malgré tout, une
résistance est très souvent observée
avec le temps et
tous les patients ne répondent de la même manière.
Le
programme de recherche européen OASIS coordonné par Gustave Roussy vise à
étudier et comprendre les mécanismes de résistance afin de personnaliser le choix de l'ADC pour chaque patient et de prévenir les toxicités sévères.
Ainsi, il vise à
définir des biomarqueurs de la réponse et de la résistance aux ADCs qui pourront éclairer de nouvelles décisions thérapeutiques. Comment ?
En intégrant différentes données allant de la
génération d'une biobanque d'organoïdes dérivés de patients, qui répertorie les résistances aux ADC, à l'imagerie moléculaire du corps entier (immunoTEP), en passant par l'analyse des cellules tumorales circulantes (CTC), la
protéomique du plasma, l'immunofluorescence multiplexe (MIF) et la
pathologie numérique améliorée par intelligence artificielle. En effet,
à terme, l'ensemble des données sera intégré dans un modèle d'intelligence artificielle afin de générer un score prédictif de l'efficacité des ADCs. Ce score contribuera à une prise en charge plus personnalisée du cancer en guidant les choix thérapeutiques vers les ADCs les plus adaptés aux caractéristiques spécifiques de chaque patient.
L'apport de l'immunoTEP
La participation de l'équipe OncoImaging de Charles Truillet (UMR BioMaps / SHFJ) est essentielle dans ce projet réunissant pas moins de douze partenaires autour de l'équipe de Gustave Roussy. Elle est experte en immunoTEP, une modalité d'imagerie qui couple la sensibilité de la TEP et l'affinité de ligands à base d'anticorps monoclonaux. L'équipe développera, pour des essais cliniques, deux nouveaux radiopharmaceutiques à base d'anticorps monoclonaux radiomarqués ciblant TROP-2 et NECTIN-4, deux antigènes surexprimés dans certains cancers. Ces agents permettront de caractériser et de surveiller l'expression de ces cibles antigéniques sur les sites tumoraux, avant et après l'exposition aux ADC. L'objectif est de prédire l'efficacité des ADC en fonction de la charge tumorale des cibles antigéniques, de visualiser leur occupation par les ADC et d'y associer un effet thérapeutique.
L'ImmunoTEP est une méthode de choix pour accélérer les phases précliniques du développement d'un anticorps thérapeutique. A ce titre, elle fait partie de la gamme de solutions scientifiques et technologiques proposées par PASREL-Imagerie, le consortium réunissant les plateformes d'imagerie du CEA-Joliot et du CEA-Jacob pour accompagner les acteurs de la recherche médicale et dérisquer leurs innovations.
Liste des partenaires
Gustave Roussy (France), Inserm (France), Unicancer (France), Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (France), Olink Proteomics AB (Suède), Elikya Therapeutics (France), Ethniko kai kapodistriako panepistimio athinon (Université d'Athènes, Grèce), Centre hospitalier universitaire Jules Bordet (Belgique), Orakl Oncology (France), CentraleSupélec (France), Cancer Patients Europe (Belgique), Panepistimio Kritis (Université de Crète, Grèce).
Contact institut des sciences du vivant Frédéric-Joliot :
[1] L'anticorps couplé à une molécule cytotoxique reconnaît et se lie à un antigène de surface spécifique d'un type de cellules cancéreuses. Il est alors internalisé et est dirigé vers un compartiment intracellulaire dans lequel il subit un clivage enzymatique : anticorps et molécule cytotoxique sont séparés et la molécule cytotoxique peut alors exercer son action.
[2]Douze ADC ont déjà été approuvés par la FDA des Etats-Unis.
L'image du carrousel a été générée avec le logiciel Firefly d'Adobe.