L'utilisation de pigments pour les tatouages est attestée depuis l'aube de l'humanité. Aujourd'hui, 25 % des Américains âgés de 18 à 50 ans sont tatoués.
Or les pigments minéraux entrant dans la composition des encres de tatouage contiennent à la fois des microparticules et des nanoparticules, sous forme d'agrégats ou sous forme libre. Si les effets à court terme (inflammation) sont connus, il n'en va pas de même pour les effets à l'échelle d'une vie : dermatose, sensibilité accrue au cancer, maladies auto-immunes, etc.
Pour explorer les possibles effets à long terme des encres de tatouage, des chercheurs de l'Irig ont choisi d'étudier des cellules immunitaires présentes dans le derme, les macrophages, car elles jouent un rôle clé dans l'élimination des matières particulaires et dans le cas du tatouage, elles retiennent les pigments au site d'injection de l'encre.
Pour savoir comment les macrophages répondent à l'absorption de pigments, les scientifiques ont exposé des lignées cellulaires à quatre pigments à base de cobalt (vert, bleu et violet) et de zinc (blanc). Afin de détecter d'éventuels effets retardés ou durables, ils ont comparé des expositions pendant 24 heures selon deux modalités, avec ou sans récupération (pendant trois jours).
Les pigments ont induit, chez les macrophages, des troubles fonctionnels qui, dans certains cas, persistent après l'exposition, même à des doses non toxiques. Ces altérations fonctionnelles amènent à suspecter d'éventuelles conséquences physiologiques comme :
- une inflammation chronique,
- une augmentation des risques d'infection,
- une baisse des défenses immunitaires et de la capacité de réparation tissulaire de la peau,
- une suspicion de macrophages défectueux circulant dans les ganglions lymphatiques,
- un risque accru de mutations génétiques des cellules de la peau.