Se pose alors la question d’initier un traitement décorporant : faut-il attendre les résultats des analyses radiotoxicologiques, des mesures anthroporadiométriques et l’estimation de la dose efficace engagée ou démarrer au plus vite un traitement sur une présomption de contamination ?
L’analyse bibliographique a montré qu’il n’existait pas de consensus international sur le sujet, à l’exception de la prise d’iode stable en cas de contamination potentielle par des iodes radioactifs. Deux approches se distinguent : l’approche de précaution qui nécessite de réaliser le calcul de la dose interne avant de traiter, et l’approche d’urgence qui préconise l’administration d’un traitement au plus tôt.Sachant que les principaux agents décorporants (iode stable, bleu de Prusse, DTPA, traitements non spécifiques) sont bien tolérés, le risque d’effets indésirables liés à une prise unique est faible. En revanche, leur efficacité décroit avec le temps depuis la contamination.
Ainsi, initier le traitement dès que possible sans attendre le calcul de dose paraît une approche raisonnable. La décision de poursuivre le traitement dépendra des résultats des analyses radiotoxicologiques.
Les auteurs soulignent également l’importance d’évaluer l’efficacité d’un traitement. L’effet d’une intervention thérapeutique sur la dose efficace engagée nécessite aussi d’adapter les modèles de calcul de dose.